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Choisir c’est renoncer !

Dans la vie, on est confronté à faire des choix. Certains s'avèreront futiles alors que d'autres auront des conséquences fortes voire même irrémédiables.

En photographie, tout n'est qu'affaire de décisions. Du moment où l'on achète son boitier jusqu'au moment où l'on effectue la photo, en passant par l'instant ou l'on sélectionne la focale, tout n'est que choix.


Mais comment être sûr que l'on a pris la bonne décision. Comment savoir si cette décision ne va pas avoir de répercussions par la suite.


Cet article est là pour vous aider à faire le choix le plus juste.


Les décisions rythment notre vie.


Nous sommes mis au pied du mur, chaque jour, avec un grand nombre de choix à faire, des choix simples, comme choisir ses vêtements le matin (pour certain(e)s ça reste la décision la plus difficile de la journée), et d'autre qui semblent insurmontables et qui pourraient avoir un impact important, d'où peuvent découler du stress et de l'anxiété, comme la création d'une entreprise par exemple.

Notre vie est jalonnée de prises de décisions, ce sont elles qui vont nous conduire dans une direction plutôt qu'une autre. On choisira donc une voie, une ligne de conduite (souvent de manière inconsciente), et tout au long de ce chemin qu'est la vie, de nombreuses routes vont s'ouvrir devant nous, nous laissant le choix de plusieurs options pour continuer notre avancée, et nous mettre à l'épreuve quant à notre capacité de décision.


Rapportée à une échelle plus petite, nous pouvons comparer la vie d'un homme au scénario d'un film : il y a un début et une fin. Entre ces deux moments clés, se déroulent une multitude d'actions et de réactions nous conduisant d'un point A à un point B, sans jamais que la ligne ne soit droite.


Dans Star Wars de George Lucas (un dieu parmi les dieux - je vous conseille fortement de lire sa biographie : George Lucas, une vie écrit par Brian Jay Jones), Anakin Skywalker est confronté à de nombreuses décisions qui le conduiront à sa perte (quel con, il avait tout pour être heureux).

Anakin est amoureux de Padmé. Toutes les décisions qu'il prendra au cours de sa vie, de l'enfant esclave au grand Dark Vador, en passant par son apprentissage de Jedi, Anakin n'aura qu'un but : sauver et protéger Padmé. L'amour qu'il lui porte (ainsi que celui qu'il porte à sa mère), le guideront du côté obscur de la force faisant donc de son objectif premier un échec cuisant.


On peut aussi prendre l'exemple de Néo qui se retrouve face à Morpheus avec le choix d'une pilule rouge et d'une seconde bleue. De ce choix, très important, découlera le reste de son existence.

Image tirée du film Matrix réalisé par les sœurs Watchowski en 1999.



Comment être sûr de prendre la bonne décision ?


Chaque décision implique un renoncement. Si vous optez pour le choix A, vous abandonnez alors le choix B. Mais est-ce mauvais (ou bon) pour autant ?


J'imagine que grand nombre d'entre vous ne souhaite pas franchir la ligne rouge en prenant une mauvaise décision ou qu'il est parfois compliqué de choisir entre deux options.


Vous vous êtes sans doute tous retrouvés face à la carte d'un restaurant ne sachant pas quel plat ou quel dessert choisir sur le menu, pourtant cette prise de décision ne jouera pas un rôle majeur dans la suite de votre vie (sauf si vous avez des allergies alimentaires).


Il y a fort a parier que, plus jeune, vous ayez fini vos conversations téléphoniques avec ce dialogue frôlant l'absurde :

- C'est toi qui raccroches.

- Non, c'est toi ?

- Raccroches en premier.

Ce ping-pong peut durer des heures si aucune des deux parties ne prend la décision d'appuyer sur le bouton rouge. De plus, cette joute verbale sans queue ni tête se conclura par :

- Bon, on raccroche en même temps ! 1, 2, 3.

- ...

- T'as pas raccroché ! Allez, on recommence...


Il existe des décisions qui n'impacteront que votre personne sur le court terme, comme le choix du parfum de votre glace, sur le moyen terme avec l'achat du dernier smartphone à la mode ou encore sur du long terme lors de la création de votre entreprise.

D'autres choix viendront englober votre entourage proche avec la prise de décision d'un déménagement ou ira même jusqu'à faire pencher la balance et l'équilibre d'un gouvernement en insérant un nom plutôt qu'un autre dans l'urne (enfin c'est sur le papier parce qu'en réalité ça change pas grand chose).


Soyez en sûrs, il n'y a pas de bonnes ou de mauvaises décisions (ne vous inquiétez pas, je ne partirai pas dans un monologue comme Otis, même s'il est vrai que moi aussi j'ai le goût de la chose bien faite - je parle de photo rassurez-vous), il n'y a que des décisions justes au moment où vous l'avez choisie.

Il est impossible de juger de la meilleure option à chaque fois, mais pour en limiter les impacts, il est pertinent de commencer par savoir ce que nous ne voulons pas en prenant du recul face aux choix qui se présentent à nous. En se focalisant sur le positif, on aspire à s'orienter vers de "bonnes" décisions.


Il se peut, bien entendu, que l'on regrette notre décision plus tard mais ça n'a pas d'importance parce qu'au moment où l'on a dû prendre cette décision, c'était celle qui était la meilleure, celle qui avait le plus de poids dans la balance.


On pourra regretter le parfum chocolat de notre glace mais il suffira d'en acheter une à la vanille la prochaine fois pour équilibrer la balance. Mettre le feu à son local pour toucher l'argent de l'assurance aura une conséquence irrévocable sans possibilité de retour en arrière.


Dans une grande majorité des cas, le choix effectué n'est pas irrévocable, mais attention toutefois à ne pas prendre de décision inconsciente qui pourrait porter atteinte à autrui tout en profitant à vous même.


Prenons l'exemple d'un paparazzi (un de ceux qui ont poursuivit la voiture de Diana Spencer en 1997) qui a besoin d'une photo choc pour la vendre à un magasine à sensations. Pour obtenir LA photo qui lui fera gagner beaucoup d'argent, il devra suivre une série de prise de décision qui le conduiront à son objectif, ou pas, en suivant une ligne de conduite qu'il aura défini au préalable.


Arbre de décision (fictif et condensé) du paparazzi

La morale et la bonne conduite sont une pensée libre à chacun d'entre nous et se définira en fonction de l'objectif fixé, de l'éducation reçue et de la conception de la vie que nous nous faisons.


Comme Anakin qui bascule du côté obscur, Judas qui dénonce Jésus, Brutus qui poignarde César ou même Jake Sully qui préfère trahir les siens pour défendre les Na'vi, chacun d'entre eux prend une décision qui lui semble juste au moment où le choix est effectué.


Penser à soi c'est bien, être altruiste c'est sans doute mieux mais seul vous pourrez savoir si votre décision est bonne ou non.



La psychologie favorise la prise de décision.


Dans le langage courant, comme on l'a vu précédemment, le terme de décision désigne le résultat direct du choix effectué.

Dans son sens psychologique, il désigne le processus qui aboutit à ce résultat, c'est-à-dire la façon dont est élaborée la décision finale et les mécanismes qui ont conduit à cette élaboration.

Notons également la nuance entre choix et décision, « J’ai choisi » et « j’ai décidé » qui sont faussement synonymes.

Choisir demande de l’intelligence, décider demande de la volonté.


Prendre une décision c'est faire un choix qui nous emmène vers l'inconnu : on ne sait pas si notre choix sera le bon, ni quelles seront les conséquences liées. Pourtant, cette prise de position est inévitable si l'on souhaite avancer et atteindre les objectifs que l'on s'est fixé.


Pour chaque décision à prendre, plusieurs options s'offrent à nous et on base cette prise de décision sur un ensemble de paramètres, en optant pour celui qui nous paraît être le plus pertinent.

Pour cela nous faisons appel à plusieurs mécanismes pour atteindre un "choix optimal".


Ce processus de décision sera impacté par les émotions que ressent l'individu au moment d'effectuer son choix mais également par une hypothèse des possibilités liées aux expériences vécues (je ne m'attarderai que sur ces deux facteurs là).


Les expériences et le contexte social nous dirigent vers un choix résonné et tendent vers une prise de décision idéale voire vers la décision qui sera la moins mauvaise : on limite les risques.


Les émotions conduisent à une prise de décision intuitive en faisant appel aux marqueurs somatiques. Si je me sens bien ou que se dégage de moi une émotion positive ou alors que je me sens mal à l'aise face à une situation, ces marqueurs se réactiveront pour nous donner des sensations physiques nous alertant de rester vigilant.

La peur de l'inconnu et le stress sont des facteurs émotionnels importants qui peuvent nous tétaniser et affecter notre capacité à prendre des décisions.


Le rationnel et l'émotionnel sont intimement liés. Si des émotions surgissent lors de la prise de décision c'est parce qu'elles font écho à l'expérience ou une situation similaire déjà vécue. Les émotions seront alors des signaux qui nous permettront d'agir dans un sens ou dans l'autre.

Une personne qui ne serait que rationnelle, sans accès à ses émotions (avec, sur un plan cérébral, l'aire de l'amygdale endommagée), prendrait des décisions risquées et inappropriées. Si la peur face à cette prise de décision n'existe pas, alors la phase de réflexion n'existera pas non plus et le choix effectué sera inadapté.



Le paradoxe de la confiture.

Le paradoxe de la confiture a été mis en évidence par Sheena Lyengar, professeure de commerce experte en matière de choix à l'université de Columbia à New York, lors d’une expérience dans un supermarché dans lequel elle a proposé aux clients de déguster des confitures.

Le premier jour, elle propose 6 pots de confitures aux goûts différents puis le jour suivant, elle augmente le choix à 24 pots.

Qu'en est-il ressorti de cette expérience ?

Le choix de 24 confitures a attiré plus de clients que le premier jour, mais s'est soldé avec beaucoup moins de vente.

On en conclue donc que l'abondance de choix freine la prise de décision.


On pourra également remarquer ce paradoxe lié à l'abondance de choix lorsque l'on se retrouve au restaurant, face à la carte des plats, ne sachant que choisir, hésitant entre deux ou trois mets et, alors que le serveur vient nous demander si l'on a fait notre choix, nous laissons le stress choisir à notre place annonçant : « Je vais prendre le risotto aux champignons » alors qu'au fond on aurait préféré les tagliatelles au saumon.



Et la photographie dans tout ça ?


Passons tous les choix qui m'ont conduit à créer mon entreprise pour vivre de la photo de mariage pour ne se concentrer que la prestation photo en elle même et toutes les décisions qui en découlent.


Pour attirer le prospect (mon client potentiel), j'ai mis en place une stratégie commerciale qui m'a amenée à faire des choix. J'ai opté pour un canal de communication, j'ai défini mon client cible et les objectifs à atteindre (entre autre).


On arrive au moment où les futurs mariés prennent contact avec moi pour que j'immortalise leur journée. Après avoir pris connaissance de leurs envies et avoir cherché à savoir qui ils sont, je me confronte à une série de décisions à prendre.


- Est-ce que je correspond aux attentes des mariés ?

- Est-ce que les mariés coïncident avec la cible que j'ai défini ?

- Est-ce que le contact passe bien entre nous ?

- Ils ont opté pour la plus petite formule, dois-je leur proposer plus ?

- Dois-je signer avec eux, sous peine de rater un prestation qui correspond mieux à ma cible ?

- ...


Ces choix effectués en amont du mariage vont conduire à une nouvelle série d'options qui va s'ouvrir à nous.

- Comment s'organiser pour la journée ?

- Quelle tenue porter ?

- Comment se déplacer ?

- Quels objectifs utiliser ?

- Se servir d'un flash ou non ?

- Quand sauvegarder les fichiers ?

- Quelles photos dois-je faire ?

- Quand faire les photos de couple ?

- ...


Préparer son sac en choisissant le matériel adéquat (ni trop, ni pas assez) permet de gagner du temps le jour J mais surtout de pouvoir faire un travail optimal et efficace en toutes situations sans ajouter de stress superflu.


Puis vient, le moment de faire les photos. C'est à ce stade que les décisions s'accroissent. Il faut trouver le bon endroit pour se placer afin d'obtenir les meilleurs clichés possible mais surtout pour ne pas gêner.

Prendre une photo c'est choisir l'instant à figer, c'est définir l'histoire à raconter et délimiter les frontières de la composition et du cadrage. Si la décision tarde à être prise, l'instant s'est déjà envolé et la photo est perdue. Il est certes possible de demander à rejouer la scène mais rien ne vaut le côté naturel et vivant du moment, de plus, certaines actions et émotions spontanées seront impossibles à retranscrire.


On ne peut pas avoir les yeux partout (même si on s'y alloue fortement) et il n'est pas non plus physiquement possible d'être à deux endroits différents, il faudra donc choisir l'une ou l'autre des options qui se présentent, prenant la décision de renoncer à une possibilité.

Est-ce que je préfère capturer le câlin rempli d'émotion que le marié échange avec sa grand-mère ou le baiser du père sur le front de sa fille, la félicitant de son union, qui se déroule à 300 mètres de là ?

Renoncer à l'une des options, c'est s'assurer d'immortaliser la seconde mais prendre un temps de réflexion trop long c'est la garantie de tout rater.


Si je ne sais pas quel objectif utiliser ou si je n'arrive pas à me décider dans le choix de mon placement vis à vis de la scène, dans le positionnement c'est autant de paramètre qui me conduiront à passer à côté du moment.


Alors comment être sûr de ne rien rater et prendre la décision juste dans l'instant présent ?


Seule l'expérience jouera dans la balance. C'est ce facteur là qui fera le plus influant dans la prise de décision. Toutes les erreurs qu'on aura faites par le passé (il est primordial d'en faire pour apprendre) nous aideront à prendre des décisions de façon inconsciente à l'instar du bébé qui apprend à marcher en chutant de moins en moins jusqu'à ce que se mouvoir deviennent une action naturelle sans avoir besoin de réfléchir à quel pied il faut mettre devant l'autre. Alors certes il nous sera toujours possible de chuter à l'âge adulte mais à la vue de l'expérience et du nombre d'annuité, le pourcentage d'échec/erreurs sera moindre.

Pour apprendre de ces erreurs, il est primordial de prendre du recul, d'analyser les "mauvaises" décisions que l'on a prise (et celle qui ont étés judicieuses).


Prendre du recul c'est prendre conscience de la situation, de l'analyser en prenant de la distance, c'est une action qui s'inscrit dans le temps. Prendre du recul dans l'action ce n'est pas possible.

Le processus de la "prise de recul" qui émane de la "prise de décision" mériterait qu'un article lui soit consacré à part entière, c'est pourquoi j'ai pris la décision de ne pas en dire d'avantage ici (affaire à suivre...).


Pour aller plus loin, et notamment comprendre pourquoi beaucoup de photographes se ressemblent, ayant un style identique, travaillant de la même façon ou utilisant le même matériel (la liste pourrait encore s'allonger), je vous invite à vous renseigner sur l'expérience de Asch qui démontre le pouvoir du conformisme social sur la prise de décision au sein d'un groupe.



Bonus : quelques conseils pour prendre une décision.


- 1 - Gardez votre objectif en vue.

Avant de prendre une décision, il est important de visualiser l'objectif à atteindre. Connaitre la direction dans laquelle on doit avancer permettra de s'assurer d'aller dans le bon sens lors de la prise de décision.


- 2 - Pesez le pour et le contre.

Pour ne pas se confronter à un problème suite à la prise de décision, il est judicieux d'analyser les avantages et les inconvénients de chaque possibilité. Établir une liste vous permettra également d'anticiper les répercussions (positives ou négatives) que votre choix aura dans le futur.


- 3 - Fiez-vous à votre intuition.

Si l'on a pas le temps de peser le pour et le contre, il faut se fier à son intuition. Les émotions que l'on ressent à ce moment là sont un bon indicateur.  Être triste, hésitant, mal à l’aise, nerveux, en colère ou effrayé, vous indique sans trop de doutes que cette décision n'est pas la bonne. A l’inverse, si vous vous sentez enthousiaste, excité, serein ou en état de bien-être général, n’hésitez plus.


- 4 - Prévoyez un plan B.

Il n'y a pas de mauvaises décisions, mais en cas de décision délicate, prévoyez une solution de secours que vous pourrez rapidement mettre en place pour éviter toute catastrophe. En plus de sauver la situation, vous sentirez une vague de réconfort vous envahir, vous donnant d'autant plus de confiance pour une future décision.


- 5 - Prenez du temps.

Ne prenez pas de décisions hâtives, il faut un temps de réflexion pour aboutir à une décision juste. Sortez, prenez l'air et parlez-en autour de vous. Vos amis et votre famille seront les atouts nécessaires à cette prise de décision. En cas de choix complexes ou d'une décision à prendre dans l'instant, fiez-vous une fois de plus à votre instinct ou à votre expérience.



Prendre une décision c'est avant tout accepter de faire des erreurs tout en réfléchissant à la manière de faire face à cet échec grâce à l'influence des expériences passées.


N'oubliez pas, il n'existe pas de bonnes ou de mauvaises décisions, vos choix sont vos choix. Et comme le disait Nelson Mandela :

« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. »



Je vous invite également à lire ou relire l'article Un photographe, oui, mais à quel prix ? pour vous aider à choisir le photographe de mariage qui vous correspond et prendre la décision la plus juste pour vous.


 

Un grand merci à Maëlle Aguer, psychologue du travail mais amie avant tout, de m'avoir éclairé sur la partie du mécanisme psychique qui conduit à la prise de décision.

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